Cinéma à Londres, Féminisme et autres bla-bla

Vendredi 2 octobre : première fois dans un cinéma à Londres. Première fois dans un cinéma hors de Paris tout court au fait. Première mission à Londres lorsque l’on veut trouver un cinéma, c’est en trouver un pas cher.

Dans le centre de Londres c’est quasiment mission impossible : les prix tournent en moyenne autour de £14, comprenez 20 ! 20€ pour aller voir un seul film, une seule fois ! C’est aberrant ! J’ai finalement réussi à trouver un cinéma pas trop cher à Peckham Rye, en zone 2, ce qui m’a d’ailleurs permis de prendre l’overground pour la première fois (décidément c’était la soirée des premières fois à Londres). La séance est à £4,99 (env. 6,76€), ce qui est plutôt raisonnable. Certains cinémas proposent des séances entre £2 et £6 mais seulement à des jours précis (généralement le mardi et/ou le jeudi). La particularité du Peckhamplex (le nom du cinéma de Peckham Rye donc) c’est que c’est tous les jours le même prix.

Le film qui sortait aujourd’hui et que je mourais d’envie de voir c’était The Intern avec l’une de mes actrices préférées, Anne Hathaway, ainsi que Robert De Niro. Au début, je trouvais le duo assez inattendu. Je n’ai pas vu énormément de films avec De Niro (juste Mon Beau-Père et Moi et Malavita). Cependant, je lui reconnais un immense talent et une capacité à s’adapter à tous les rôles impressionnante, mais je dois avouer que je ne l’attendais pas dans ce genre de comédie romantique américaine. Alors qu’Anne Hathway, si : elle a souvent joué ce type de rôle (Le Diable S’Habille en Prada, Meilleures Ennemies…) et elle y doit souvent ses plus grands succès donc rien d’étonnant à la retrouver dans ce casting. Evidemment elle a encore une fois su briller avec brio. Néanmoins, celui qui m’a le plus touchée et émue, c’était bien De Niro dans le rôle de Ben, un septuagénaire qui se retrouve stagiaire pour avoir une raison de se lever le matin, un but dans la vie : se rendre et surtout, se sentir utile. Il travaillera pour la patronne, Jules (Anne Hathaway) qui au début sera assez réticente à l’idée de devoir superviser une personne aussi âgée. Ce duo qui était d’abord improbable a réussi à me séduire : leur complicité, qui ne saute pas tout de suite aux yeux, se crée au fur et à mesure du film est c’est un plaisir à regarder.

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Au delà des messages tels que l’âge n’est pas un frein, qu’on est aussi jeune qu’on souhaite l’être, et qu’on est jamais trop vieux pour s’amuser et travailler, le film a une grande dimension féministe. En effet, Jules est une jeune femme ambitieuse et carriériste qui a monté sa propre start-up avec succès en l’espace de dix-huit mois seulement. Elle sait exactement ce qu’elle veut et ce qu’elle ne veut pas et elle refuse de se laisser marcher dessus. Sauf que Jules est aussi une mère de famille qui, du coup, met un peu – même beaucoup – de côté sa petite fille et son mari, homme au foyer, ce qui attire le mépris des autres mères qui elles, ne travaillent pas. Jules se sent donc coupable et au fil du film, elle songe même à abandonner la charge de sa compagnie à une CEO pour sauver son mariage et sa vie de famille. Heureusement que Ben est là pour lui faire comprendre qu’elle n’a pas à se sentir coupable et qu’elle ne devrait pas laisser tomber cette entreprise qu’elle a bâti toute seule. Il ajoute que son mari devrait la supporter quoi qu’il arrive et qu’elle devrait continuer à faire ce qu’elle aime, c’est-à-dire travailler.

J’ai vu le film accompagnée de deux amis aux idées assez traditionnelles qui ont trouvé cette idée du féminisme trompeuse. Ils pensaient qu’on voulait faire croire aux femmes que la femme d’aujourd’hui, la femme 2.0, était une femme qui s’épanouissait dans un travail et qui ne pouvait plus se contenter de sa famille, qu’une vie de famille n’était plus assez bien pour elle. De plus, dans The Intern, les femmes au foyer sont présentées comme ringardes et surtout aigries et méprisantes envers celles qui ne sont pas comme elles. Or, selon eux, l’idée de carrière est surfaite : la carrière ne dure qu’un temps alors que la famille, elle, est une valeur sûre puisqu’elle est là toute la vie et qu’il n’y a pas de meilleure job qu’être une épouse et/ou une mère accomplie. Et il ne fallait pas jeter la pierre à ces femmes qui choisissaient, encore au 21e siècle, d’abandonner leur travail pour se consacrer à leur famille. Elles sont plus rares donc plus courageuses car ça en demande du boulot.

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65036878J’ai trouvé qu’ils n’avaient pas complètement tort. Néanmoins, contrairement à eux, j’estime qu’il ne faut pas non plus jeter la pierre à ces femmes qui ont besoin d’un travail pour s’épanouir, qui ont de l’ambition et qui ne veulent pas dépendre d’un mari et être définies seulement par leur statut familial. Être féministe, je pense, n’a pas une seule définition : une femme au foyer n’est pas moins féministe qu’une femme avec une grande carrière. Une femme peut être, faire et s’habiller comme elle veut du moment que le choix lui revient.

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