Etudier à Londres

Voilà presque 3 semaines que je suis officiellement étudiante à la prestigieuse University College of London. Comme promis dans mon article « London, here I come ! », voici un compte-rendu de ma vision de l’enseignement universitaire britannique.

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Mes cours

Tout d’abord, la première étape est de choisir son département d’études. Comme en France, on choisit d’étudier les sciences ou la littérature ou encore les langues. Personnellement, en tant qu’étudiante en Médias Internationaux : Cultures et Sociétés Etrangères à Paris, je me suis naturellement retrouvée ici à la School of European Languages, Culture and Society. A l’intérieur de ce département, il y a plusieurs modules qui sont alors proposés. Il y en a environ une vingtaine et en tant qu’étudiant à UCL, il faut en choisir 8 par semestre, 4 lorsque l’on est un « Affiliate », c’est-à-dire un étudiant étranger. Il est important de noter que parmi ces quatre cours, il y en a un qui est imposé à l’étudiant étranger : la traduction de sa langue maternelle à l’anglais. Je me retrouve donc avec un cours nommé « French Translation into English. » Néanmoins, il me reste toujours le choix de trois cours.

Le premier cours que j’ai choisi s’appelle « Intercultural Communication: Representations and Perceptions in Multicultural London » (Communication Interculturelle : Représentations et Perceptions dans le Londres multiculturelle). C’est le cours qui, je pense, est le plus intéressant et le plus enrichissant tant culturellement qu’humainement. Oui, vraiment. Il consiste à analyser une communauté de notre choix en groupe (ça peut être une communauté religieuse comme ethnique mais aussi être des groupes tels que les féministes, les SDF, la communauté LGBT, etc…) et à aller enquêter directement sur le terrain, en menant des interviews comme pour un vrai reportage. Le but est d’analyser et comprendre la complexité des termes « identité », « culture » et « communication interculturelle. » On se doit aussi d’analyser comment les médias ont tendance à présenter une certaine communauté et comment les « autres » définissent la dite-communauté étudiée.

« Short Films, Big Ideas: Informational Cinema 1910s-1960s » (Courts-métrages, Grandes Idées : le Cinéma Informationnel des années dix aux années soixante) est le second cours que je suis. C’est le cours que j’apprécie le moins. Comme son nom l’indique, on étudie des courts-métrages européens (et pas que britannique, il y a des films français, allemands, hollandais, italiens…) et on analyse les messages et les informations que le(s) réalisateur(s) ont voulu faire passer, en quoi ce cinéma s’imbrique à une époque donnée, quels sont les idéologies du film mais aussi du pays dont il est originaire et ainsi de suite.

Enfin, mon troisième choix s’est porté sur le cours « Introduction to Film Adaptation » (Introduction à l’Adaptation Cinématographique). C’est un cours fascinant dans lequel on étudie quatre œuvres très connues, qui sont :

  • Dracula de Bram Stocker (1897)
  • Let The Right One In / Laisse-moi entrer de John Ajvide Lindqvist (2005)
  • The Shining de Stephen King (1977)
  • The Turn of the Screw / Le Tour d’écrou d’Henry James (1898)

Vous l’aurez noté, ma prof est fan du genre gothique, horreur, vampires et fantômes. C’est un cours séparé en deux : en « seminars » et en « screenings ». Je développerai la partie séminaire un peu plus loin dans cet article. La partie « screening », les « projections de films », comme son nom l’indique, est la partie du cours où on regarde donc les différentes adaptations de ces romans au cinéma. Ça peut aller d’un film muet datant de 1922 (Nosferatu, Friedrich Wilhelm Murnau) au blockbuster américain d’un réalisateur connu et reconnu (Dracula, 1992, Francis Ford Coppola ou encore The Shining, 1980, Stanley Kubrick).

Les séminaires : le fleuron de l’enseignement universitaire britannique

Selon moi, ce qui fait vraiment la richesse et l’intelligence de l’enseignement universitaire du Royaume-Uni c’est vraiment ce principe de « seminars. » Alors c’est tout simple, je vais prendre l’exemple de mon cours « International Communication » : la prof pose une question (ici, des questions du type « Peut-on échapper au principe de l’identité comme défini par During? » ou « Est-ce que les ‘identités’ constituent la façon dont est construite notre vie? ») et pendant tout le cours, ce sont les étudiants qui tentent d’y répondre en discutant entre eux ! On est assis en rond et on débat ensemble, on illustre avec notre propre expérience, on développe des idées en groupe et du coup, le cours est nettement plus intéressant, agréable et instructif. On en apprend tellement plus lorsque l’on a soi-même participer à la structure et à l’élaboration du cours. Le cours c’est nous.

La prof intervient de temps en temps pour guider la discussion vers une certaine direction ou pour poser des questions à un étudiant afin qu’il développe plus une idée donnée ou tout simplement, pour participer elle aussi à la conversation. Elle n’est pas inutile : c’est elle qui nous donne les lectures à faire pour les cours à venir pour justement nous aider à illustrer nos propos et elle nous les explique ensuite avec ses mots et sa propre expérience au cours suivant… On sent qu’il y a une entente cordiale et une envie d’échanger et d’en apprendre toujours plus des deux côtés (profs et étudiants).

Evidemment, vous vous doutez bien que l’enseignement universitaire britannique ne repose pas seulement sur le fait de venir en cours, s’asseoir autour d’une table et discuter. Derrière, il y a énormément de travail qui est demandé. Des lectures tout d’abord mais aussi des « essays. » Et les essays britanniques doivent absolument reposer sur des écrits scientifiques, d’où l’énorme quantité de « readings » donnés d’une semaine à l’autre. En cours, on discute mais c’est derrière que le vrai travail se passe : c’est à l’étudiant de bien lire ce que le ou la prof a demandé de lire car c’est uniquement comme ça que l’on s’éduque ici. C’est à l’étudiant d’être autonome et rigoureux. Si je refuse de faire les lectures, le professeur ne va pas être derrière moi pour me forcer, c’est mon problème. Par contre, après, c’est moi qui risque de me retrouver handicapée lors des discussions en classe car je ne saurai pas de quoi on parle, et surtout, c’est moi qui me retrouverai avec de mauvaises notes car je n’aurai pas su développer et illustrer mes « essays » puisque je n’aurai rien lu. Une bibliographie réussie ici, c’est une bibliographie qui fait au moins une page complète. D’où l’importance de bien lire les travaux donnés par les profs, mais aussi de chercher à s’instruire tout seul de son côté à la bibliothèque ou ailleurs.

En conclusion, je dirais que l’enseignement universitaire est britannique est inspirant car il forme dès la première année les étudiants au monde du travail : on apprend à l’étudiant à être autonome et à s’imposer seul à travailler et faire ses propres recherches. Je dirais presque que l’université britannique apprend à être « autodidacte » ! Mais ce qui fait vraiment la différence, c’est principalement les « seminars » et je pense que d’autres pays devraient s’en inspirer : c’est une façon ludique d’étudier et honnêtement, j’ai le sentiment d’en avoir plus appris et d’avoir retenu énormément plus que lors d’un cours universitaire « classique » (le prof parle, l’étudiant écrit). C’est motivant et c’est plaisant, good job!

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3 commentaires sur “Etudier à Londres

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